Bruno Sainjon, Président-Directeur Général de l’ONERA

Bruno Sainjon, Président-Directeur Général de l’ONERA

Jean-Pierre Sanfourche : L’ONERA célèbre cette année ses 70 ans d’existence. Quels sont à vos yeux les événements les plus remarquables qui ont jalonné ce long parcours ? 

 

Bruno Sainjon -  L’ONERA a été créé au lendemain de la libération, le 3 mai 1946 avec pour mission de développer et d’orienter les recherches techniques et scientifiques dans le domaine de l’aéronautique. Sa création est un acte fort de souveraineté nationale. Il fallait redonner ses lettres de noblesse à notre industrie aéronautique. Compte tenu de cette genèse, il a été placé sous la tutelle unique du ministre de la défense, ce qui est toujours le cas aujourd’hui. 

En matière de défense, l’ONERA a travaillé sur la dissuasion, les missiles conventionnels, les avions de combat, les drones... L’optimisation des missiles ASMP puis ASMPA est le fruit d’une étroite collaboration entre l’ONERA et l’industrie. La contribution de nos souffleries à tous ces programmes fut également essentielle  pour les avions de combat Mystère, Mirage et Rafale.

Dans le domaine spatial, grâce à l’ONERA –  le CNES ne sera créé qu’en 1962 – la France accède en 1959 à l’espace avec le lancement de la première fusée spatiale ANTARES. Le succès du programme ARIANE 5 est également une source de fierté pour l’ONERA, qui a participé – entre autres études – à la conception du moteur VULCAIN. 

Dans le domaine civil, la contribution de l’ONERA aux programmes Caravelle, Concorde et Airbus, s’est manifestée dans tous les domaines : aérodynamique, propulsion, matériaux…

Enfin, pour les radars, l’ONERA a développé, sous contrat DGA, le système GRAVES (Grand Réseau Adapté à la Veille Spatiale) pour détecter les satellites évoluant sur des orbites proches de la Terre.

Grâce au très haut niveau scientifique et technique de ses personnels, l’ONERA a rempli pendant 70 ans les missions qui lui étaient confiées. Il est prêt pour 70 nouvelles années au service de l’aéronautique et de l’espace.

 

J.-P. S : Lorsque vous êtes  arrivé à la présidence  de l’ONERA en juin 2014, quelle a été votre perception de cette institution ?  

 

B.S. -  D’abord, lorsque j’ai pris mes fonctions voici deux ans, j’ai tout de suite été impressionné par l’étendue et le haut niveau des savoir-faire de l’ONERA, le sens du service de l’Etat omniprésent, tout en constatant que nos réussites n’étaient pas suffisamment connues à l’extérieur. Depuis l’ONERA a repris goût à communiquer sur ses résultats et ses compétences.

En voici une illustration : nous avons rédigé et diffusé mi-2015 un fascicule intitulé « Les pépites de l’ONERA – Contributions à l’industrie aérospatiale de la France et de l’Europe » que je suis heureux de vous remettre. Il montre qu’il y a une part d’ADN de l’ONERA dans tous nos grands programmes aéronautiques et spatiaux. Vos lecteurs peuvent consulter ce fascicule sur notre site internet www.onera.fr.

Comme vous pourrez le voir, il constitue un condensé de nos compétences scientifiques et techniques présenté de façon dynamique, synthétique et attractive, en quelque sorte un « concentré » de nos « Know How ».

Ensuite, sur le plan scientifique, l’ONERA avait besoin d’une réflexion stratégique autant sur son positionnement que sur le périmètre de ses activités. Ce constat a également été dressé par la Cour des Comptes dans son rapport sur la gestion de l’ONERA de 2008 à 2013. La réponse repose sur le PSS (Plan Stratégique Scientifique) 2015-2025 que nous venons de publier.

 

J.-P. S. : Pour établir ce document, avez-vous largement impliqué le personnel, ou bien avez-vous confié le travail de planification à une direction centrale de la stratégie, comme cela est classique ?

 

B.S. – J’ai tenu à ce que le travail soit en premier lieu conduit en interne suivant un processus « bottom-up » en impliquant les « gens de la maison », en les faisant travailler, conduits par la direction scientifique générale,  dans une démarche participative et itérative. Le travail a été très fructueux.

 

J.-P. S. : Ce travail « bottom-up » est un travail d’analyse, mais il faut bien aussi un travail de synthèse, pour parvenir à la cohérence d’ensemble ?

 

B.S. – Tout à fait. Aussi à partir de mars 2015, les conclusions de la réflexion stratégique, rassemblées sous la forme d’une synthèse provisoire par Stéphane Andrieux, Directeur Scientifique Général, ont été successivement présentées au Haut Conseil Scientifique (HCS) de l’ONERA, à nos partenaires publics - DGA, DGAC, CNES -, au GIFAS et à nos partenaires privés - Dassault-Aviation, Thales et Safran – afin de recueillir leurs réactions, commentaires et propositions. 

Ce document  était encore loin de constituer la synthèse définitive ! Entre fin 2015 et début 2016, la Direction Scientifique Générale a tenu une vingtaine de réunions internes sur chacun de nos 8 sites par groupes d’environ 20 personnes pour l’affiner progressivement et l’amener à la version finale du Plan Stratégique Scientifique 2015-2025. Celui-ci a été présenté fin mars 2016  au Comité Central d’Entreprise (CCE) de l’ONERA. 

Vous voyez donc que si la réflexion a été menée dans une démarche « bottom-up », la phase de synthèse a fait l’objet de nombreuses concertations. 

Le PSS 2015-2025, qui est notre référence scientifique, en est le premier résultat. Cependant, ce document sera vivant car il est impossible de tout figer pour les dix années à venir. Nous avons là une base de référence extrêmement solide qui sera complétée par des feuilles de route au fil de l’eau.

Le PSS est un document  à l’écoute des progrès incessants de la science et de la technologie ainsi qu’à l’écoute des  besoins, des politiques de développement et des stratégies de nos partenaires et de nos clients. Au-delà du suivi annuel des réalisations par « Défi », le PSS sera réactualisé tous les trois ans par la Direction Scientifique Générale avec l’aide de nos partenaires.

 

J.-P. S. : Très brièvement, comment ce PSS est-il structuré ?

 

B.S. – Le PSS expose les trois finalités des recherches futures que sont la Défense, l’Aéronautique et l’Espace. Et exprimant l’ambition de l’ONERA, il est structuré autour de 12 défis scientifiques et techniques :

1. Optimisation pluridisciplinaire et évaluation ; 

2. Systèmes intelligents ; 

3. Souffleries du futur ; 

4. Maîtrise de la turbulence ; 

5. CFD (Computational Fluid Dynamics) horizon 2030 ; 

6. Matériaux aérospatiaux stratégiques ; 

7.  Structures aérospatiales endurantes ; 

8. Propulsion ; 

9. Photonique et systèmes optroniques ; 

10. Electromagnétisme et radar ; 

11. Perception artificielle multimodale ; 

12. Capteurs et environnement Spatial. 

La lecture du PSS va vous permettre de connaître en détail tous ces « défis ». 

Les douze défis de l’ONERA :

J.-P. S. : On voit bien que l’ONERA n’est pas tourné exclusivement vers la recherche amont. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces autres activités ?

 

Je souhaiterais ici mettre en évidence effectivement un point d’importance : le  fait que l’ONERA excelle non seulement dans la R&D « amont », mais aussi dans l’étude et la mise en œuvre de systèmes complexes. Une double compétence donc : « R&D » et « Systèmes ».  D’ailleurs, dans le cadre de nos discussions sur l’élaboration du PSS, certains de nos partenaires nous ont demandé de les accompagner dans des stades très avals comme des démonstrateurs, je pense par exemple à Safran.

C’est ainsi par exemple qu’à partir de notre haut niveau en R&D dans le domaine des Radars, nous avons été amenés à fournir à la Défense un système opérationnel : le radar de veille spatiale « Graves », exploité par l’Armée de l’air depuis 2005, faisant de la France la 3ème puissance mondiale après les USA et la Russie à disposer d’une telle capacité.

Un autre exemple d’une approche système pour laquelle nous avons été sollicités : la détection et la neutralisation des drones indésirables survolant des endroits sensibles (centrales nucléaires entre autres).  Les autorités de l’Etat, le Secrétariat Général de Défense et Sécurité de la Nation (SGDSN) et la Gendarmerie Nationale notamment, nous ont contactés lors dès les premiers survols suspects de drones au-dessus de centrales nucléaires. Dès le lendemain de cet appel, une réunion a été organisée. Les avis que nous avons formulés ont dû être appréciés puisque le Major Général de la Gendarmerie Nationale m’a téléphoné très peu de temps après pour m’exprimer sa vive  satisfaction : « Vous avez des gens formidables ! ».

Nous sommes depuis pilote de l’un des deux projets financés par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) pour le compte du SGDSN. Ces projets visent à concevoir les moyens de détection et neutralisation automatisées des drones : d’une part le projet BOREADES piloté par  la société CS (Communication et Systèmes), d’autre part le projet ANGELAS* conduit sous la responsabilité de l’ONERA et qui regroupe autour de nous Thales, EDF, le CEA Leti, Exavision, l’institut de criminologie de Paris ou encore Telecom SudParis et avec un comité d’utilisateurs finaux comprenant l’Armée de l’air, la Marine Nationale, la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale et la Préfecture de Police de Paris.

Autre illustration : au lendemain des attentats du 13 novembre, nous avons été consultés par la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale pour échanger sur les technologies qui permettraient de leur donner des avantages nouveaux sur les terroristes. Nous avons évoqué des réponses telles que : écoute par micros passifs, radars, moyens optiques, etc. 

Nous avons aussi des accords de partenariat avec des institutions ou entreprises civiles pour la conception de systèmes, comme par exemples la SNCF pour la surveillance de ses infrastructures ou encore TOTAL pour la détection de traces d’hydrocarbures au moyen de Lidars.

Et je voudrais un instant parler de l’un des domaines où nous sommes à l’avant-garde mondiale, celui de l’optique adaptative. Voilà une science que nous avons à l’origine développée à la demande de la DGA pour des enjeux militaires et qui trouve aujourd’hui des applications civiles :

  • en astronomie/astrophysique pour la correction au foyer des grands télescopes, de la scintillation des astres due à la turbulence de l’atmosphère (l’ONERA est représenté au sein du Haut Conseil Scientifique de l’Observatoire Européen Austral) ;
  • dans le domaine de la sécurité/biométrie (identification de l’œil humain); 
  • dans le domaine de la santé  où nous menons des actions de recherche particulièrement prometteuses au profit de l’Hôpital des Quinze-Vingt, pour la détection de maladies dégénératives.

 

J.-P. S. : J’ai une double question : N’est-il pas difficile de travailler à la fois pour des programmes militaires et des programmes civils ? Est-il dans vos intentions de multiplier vos travaux à l’intention d’organismes extérieurs au secteur aérospatial, autrement dit de vous diversifier ?    

 

B.S. -     Effectivement, cette faculté de passer des applications militaires aux applications civiles et vice versa est une caractéristique de l’ONERA, contrairement à la plupart de nos homologues tels que la DLR allemande - German Aerospace Lab – dont les activités sont quasi strictement limitées au secteur civil. Ceci constitue sans le moindre doute pour moi une force, et non un handicap. 

Par ailleurs, vous avez bien fait de me poser la question sur nos actions de recherche extra-aérospatial : nous ne cherchons pas à nous diversifier, nous cherchons à valoriser nos travaux. Diversification non, valorisation oui. Cela fait d’ailleurs explicitement partie des missions de l’ONERA d’assurer le transfert de ses avancées scientifiques vers d’autres domaines que le secteur aérospatial. 

 

J.-P. S. : Les apports de l’ONERA étaient trop peu connus au début de votre présidence, qu’en est-il aujourd’hui ? 

 

B.S. – Grâce à cet intense travail de réflexion stratégique initié depuis deux ans, l’ONERA se fait de mieux en mieux connaître. Cela m’a d’ailleurs valu d’être auditionné par la Commission « Défense » de l’Assemblée Nationale : c’était la première fois que l’ONERA faisait l’objet d’une présentation aux membres de cette prestigieuse Commission. Si j’ose dire, les parlementaires se sont réappropriés l’ONERA. Madame Isabelle Bruneau, députée de l’Indre, a ainsi écrit à l’automne 2015 un Rapport Parlementaire dans le cadre du débat budgétaire 2016 Défense qui fait une large part à l’ONERA, et dans lequel elle précise que tous nos partenaires souhaitent un « ONERA FORT ». Le ministre de la Défense, Monsieur Jean-Yves Le Drian, a également exprimé à plusieurs reprises son soutien à l’ONERA. Le GIFAS, au nom de la collectivité aérospatiale industrielle, et les industriels que nous avons consultés individuellement expriment le même souhait. 

 

J.-P. S. : En septembre 2015 j’ai interviewé le président du CNES Jean-Yves le Gall et tout au long de notre conversation le mot INNOVATION revenait sans cesse. Il a d’ailleurs installé au Centre de Toulouse une véritable Direction de l’Innovation. Prévoyez-vous renforcement des liens avec le CNES, précisément dans l’intention de pousser toujours plus avant l’innovation ?

 

B.S. – L’INNOVATION est effectivement un maître mot de notre action commune. Les liens entre le CNES et l’ONERA qui s’étaient quelque peu distendus depuis 2000 après la fin du développement d’Ariane 5 se resserrent à nouveau avec la mise en place d’un comité de pilotage CNES-ONERA qui se réunit environ tous les trois mois autour des deux présidents. 

Parmi les études communes que nous entreprenons figure le concept de lanceur réutilisable expérimental ALTAIR destiné à établir la faisabilité du remplacement du premier étage d’un lanceur classique par un drone automatisé et réutilisable, l’objectif étant de prouver l’intérêt technologique de ce concept pour placer en orbite des petits satellites (10 à 50 kg) avec une grande réactivité et un coût réduit. 

C’est un exemple parmi d’autres, où le CNES et l’ONERA ensemble imaginent des projets innovants. 

Autre signe de rapprochement, le lancement du programme Ariane 6 en décembre 2014 s’est traduit par la signature de 6 programmes d’intérêt commun entre CNES et ONERA pour aider à bien préparer le futur lanceur européen.

 

J.-P. S. : Quel rôle l’ONERA joue-t-il dans l’enseignement aérospatial, et quelles évolutions souhaitez-vous ?

 

B.S. – L’ONERA joue un rôle de plus en plus important en matière d’enseignement, une impulsion nouvelle ayant été donnée pour former davantage de doctorants. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, avec un accroissement du nombre de doctorants ONERA entre 2013 et 2016 de près de 50%. Nous entretenons des liens très forts avec l’ISAE-SUPAERO à Toulouse (140 de nos ingénieurs chercheurs donnent des cours à SUPAERO, et nous avons créé en 2015 deux équipes communes de recherche)  ou avec l’ensemble Ecole Polytechnique/ENSTA situé sur le plateau de Saclay et avec lesquels nous travaillons à un rapprochement de certaines de nos activités de recherche, dans les deux cas, Toulouse et Saclay, dans le cadre des COMUEs (COMUE = Communauté d’Universités et d’Etablissements) qui se sont mises en place. 

Nous jouons également un rôle important auprès des PME. D’ailleurs 68 % des achats de l’ONERA se font auprès de PME. Du point de vue l’accompagnement des PME,  l’ONERA a par exemple aidé la PME Leosphere à devenir un leader mondial de l’observation environnementale en produisant un nouveau Lidar qui avait été conçu par l’ONERA, fondé en particulier sur l’utilisation de nouvelles sources laser fibrées. Donc vous voyez, Enseignement – Recherche – Industrie, tout cela est très lié, et notre Office est très présent dans ces synergies.

En 2015,  l’ERC (European Research Council) a récompensé le premier lauréat de l’ONERA en lui accordant un financement pour conduire des études sur la réduction de la traînée aérodynamique fondée sur l’utilisation des instabilités d’écoulement.  

Je tiens aussi à souligner l’excellence du Centre ONERA de Salon-de-Provence, installé depuis 1992 à proximité immédiate de l’Ecole de l’air, qui vient d’accueillir 13 nouveaux doctorants en 2015.

 

J.-P. S. : Quid des relations ONERA-ENAC ?

 

B.S. – Les liens avec l’ENAC doivent être resserrés, et Bruno Lamiscarre, ancien directeur scientifique de l’ENAC et actuellement directeur de département à l’ONERA, est investi de cette mission. Nous essayons par exemple de construire une équipe commune de recherche constituée autour de l’ISAE-SUPAERO, l’ENAC et l’ONERA pour traiter du rôle des Facteurs Humains dans les accidents aériens : « FH et Accidentologie ». 

 

J.-P. S. : Les liens avec AIRBUS sont-ils suffisamment étroits ? 

 

B.S. – Airbus est depuis l’origine (Aerospatiale à l’époque) parmi les quatre représentants de l’industrie au Conseil d’Administration de l’ONERA.

Qui a introduit les commandes de vol électriques (CDVE) dans cette société avec l’A 320 ? 

Eh bien c’est l’ONERA, grâce voyez-vous encore, au transfert de technologies du secteur militaire au secteur civil. Ces CDVE  qui ont été l’un des facteurs majeurs de succès des avions Airbus par la suite et ont permis à la société de devenir le champion mondial que l’on connaît. 

Qui dans les années 1990 a imaginé une  pale d’hélicoptère à forme spéciale (Blue Edge), grâce à laquelle on peut concevoir des hélicoptères plus silencieux et plus portants ? L’ONERA. C’est un bon exemple de « pépite ONERA ». Les études ont été d’abord financées par la DGA, puis par la DGAC au début des années 2000 pour permettre à EUROCOPTER (maintenant Airbus Helicopters) et l’ONERA de poursuivre le travail et faciliter le transfert vers l’industriel. Cet hélicoptère, le H160,  devrait être mis en service opérationnel autour de 2020. 

1990-2020 : 30 ans, donc, entre la naissance de l’idée et la réalisation. Voilà un magnifique exemple qui illustre l’impérieuse nécessité de TRAVAILLER SUR LE LONG TERME ! Il faut savoir en permanence concilier l’obligation de résoudre les problèmes industriels de court terme (l’activité contractuelle de l’ONERA représente un peu plus de 50% du budget) et la préparation du futur à plus long terme.

 

J.P. S.- Pourriez-vous dire quelques mots sur les relations internationales de l’ONERA ?,

 

B.S. – L’ONERA a été l’un des 7 membres fondateurs en 1994 de l’EREA (European Research Establishments in Aeronautics) ; j’en assure la présidence depuis le 1er Janvier 2016 et je m’y investis pleinement, notamment dans le cadre de son programme très ambitieux « Future Sky », mais aussi dans le cadre de H2020 (Horizon 2020)sur des projets scientifiques pour lesquels les collaborations internationales sont une condition indispensable. 

Dans le même registre, je vous informe qu’un homologue de l’EREA vient d’être créé pour le spatial, il s’agit de l’ESRE (European Space Research Establishments) dont les statuts ont été déposés en mars 2016 et qui rassemble le CIRA italien, la DLR allemande, l’INTA espagnol, le NLR hollandais et l’ONERA. Ces deux associations ont une double vocation : (i) être à l’écoute des attentes de la société ; (ii) aider l’industrie européenne à conserver voire améliorer son rang d’excellence. 

Nous sommes également très présents dans les appels à projets lancés par « CleanSky », l’entreprise commune entre la Commission Européenne et l’industrie, et nous avons récemment remporté plusieurs compétitions qui vont se traduire par des activités significatives pour nous. Hors Union Européenne, nos liens avec la Russie sont très forts grâce aux accords de coopération ONERA-TsAGI, des liens d’autant plus forts qu’ils remontent à 1965. 

Nous sommes  également bien considérés par la NASA qui a récemment dit : « Ma réflexion stratégique sur le bruit me conduit à choisir de travailler en bilatéral avec un partenaire étranger, et c’est l’ONERA. ». Jugement identique de l’Agence Japonaise JAXA : « Nous voulons travailler avec l’ONERA. »

Nous avons également un accord de partenariat de recherche avec le DSO (Defence Science Organisation) de Singapour, un partenariat de recherche qui fonctionne très bien et qui tourne en particulier autour du SONDRA, laboratoire commun que nous avons constitué à 3, DSO, Supelec et ONERA, en 2004 dans le domaine des radars. Nous avons d’ailleurs signé en 2015 avec le DSO un accord pour élargir les thèmes de notre coopération en particulier dans le domaine de l’optique ou encore celui de la connaissance des phénomènes liés à la foudre.

Bref, et si ce ne sont que quelques exemples, vous voyez que l’ONERA est présent à l’extérieur de la France, et cela ira en s’accentuant.

 

J.-P. S. : Je vous remercie très vivement de cette longue interview que vous avez eu l’amabilité de m’accorder. 

 

B.S. - Comme vous l’avez constaté, je me suis surtout attaché à présenter notre stratégie tournée vers l’avenir et nos résultats. Je compte sur vous pour faire largement connaître au sein de la 3AF les deux ouvrages « Les pépites de l’ONERA » et le « Plan Stratégique Scientifique 2015-2025 ». 

Autant de signes de vitalité et de renouveau qui démontrent que l’ONERA met tout en œuvre pour que les 70 prochaines années, au service des attentes sociétales exprimées par les pouvoirs publics et du renforcement de l’industrie aéronautique et spatiale européenne, soient à l’image des succès passés. Forts de notre héritage, nous avons le devoir civique de poursuivre la route tracée par nos grands anciens. ■

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