Faire grandir les PME et améliorer la « supply chain »

L’industrie aéronautique et spatiale est une des forces de notre pays. Mais pour rester au meilleur niveau mondial, dans une concurrence toujours plus agressive, il faut que tous les acteurs progressent, les grands comme les petits. La qualité de la supply chain et de ses acteurs est un élément essentiel du niveau de compétitivité de l’ensemble.

Progresser passe par l’amélioration des compétences à tous les niveaux, du cadre, de l’ingénieur, du dirigeant, au compagnon et dans de multiples domaines , techniques, organisation, management….. ! Tous le reconnaissent, la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et compétences) devient un élément clé de la compétitivité des entreprises. Et, par là même, la formation apparait comme un maillon décisif, notamment pour les PME.

C’est dans ce contexte que s’inscrivent les Ateliers du Bourget, initiative du pôle Astech, soutenue par une dizaine d’industriels et l’Académie de l’Air et de l’Espace. Cette initiative a retenu l’attention de la Région Ile de France, qui l’a inscrite dans le Plan Industrie Ile de France www.plan-industries-idf.fr ) et qui prend en charge 50% de l’inscription de toute PME francilienne.

Un constat : La formation maillon faible pour les PME 

Les PME sont les mal-aimées de la formation.Elles ont beaucoup de difficultés à trouver une formation qui convienne à leurs besoins,du fait d’une offre inadaptée, mais également de la manière dont ces PME l’intègrent dans leur vision et leur stratégie. Cette inadéquation tient autant à des raisons économiques (la formation coûte relativement cher) qu’à des causes systémiques.

Quand on se place dans une perspective à 10 ans, on constate que la profession aéronautique manquera de compétences sur une vingtaine de métiers. Ce sont les métiers en tension que le GIFAS Le rapport GIFAS – Observatoire des Métiers de la Métallurgie de mai 2012) a identifiés dans le cadre d’une étude de 2015. On peut en citer deux, concernant les ingénieurs et techniciens : la fonction méthode dans la production et l’approche système. Le constat du GIFAS est double : ces compétences sont quantitativement insuffisantes et le système actuel de formation ne permet pas de les acquérir facilement.

De fait cette difficulté concerne essentiellement les PME. Les grands groupes la résolvent car ils se sont dotés d’un puissant outil de formation interne que sont leurs universités (Thales, Airbus, Safran,..), dans lesquelles ils ont construit des formations adéquates, soit en mobilisant leurs compétences internes, soit par appel à l’extérieur. Par leur GPEC, ils ont su anticiper les besoins et définir les compétences à développer. Notons que ces entités proposent entre 1000 et 1500 formations, soit 5 à 10 fois ce que proposent les organismes de formation qui sont sur le marché !

Les PME se retrouvent face à une double difficulté ; rares sont celles qui ont mis en place une véritable GPEC, car c’est un processus complexe et relativement coûteux pour être bien suivi. Elles ne savent donc pas anticiper les besoins de compétence et peuvent se trouver brutalement confrontées à un déficit grave. La réponse aux besoins de compétence relève plus de l’opportunisme, que d’une approche réfléchie et organisée. Les PME cherchent alors des solutions formation dans l’urgence, sans que les prérequis indispensables soient posés : projet professionnel du participant, contexte dans lequel s’inscrit cette formation. On travaille dans la précipitation, ce qui n’est pas propice à l’appréhension globale des besoins.

Pour reprendre les deux métiers en tension ci-dessus, on se trouve devant deux situations différentes : sur la fonction méthode, les PME commencent à en percevoir la nécessité de montée en compétences, car il s’agit d’une fonction qui devient stratégique pour une PME du fait de l’évolution de la demande des clients : moindre délai, plus de souplesse, baisse des coûts.. Elle est au cœur de l’efficacité de la supply chain.Et le GIFAS a lancé un programme de soutien des PME en ce sens. 

Par contre pour l’approche système, les PME se sentent généralement beaucoup moins concernées Seuls quelques grands groupes s’y sont lancés, Il y a cependant des connexions fortes entre les maîtres d’oeuvre et leurs sous-traitants, etl’offre du marché étant très faible, c’est une thématique sur laquelle les PME risquent de prendre un retard conséquent.

En outre l’offre « commerciale » de formation présente peu de lisibilité notamment pour une PME. Les formations n’apparaissent pas comme une réponse à un besoin opérationnel, mais comme une acquisition de compétences, souvent génériques. Leur format, leur mode de distribution, leur coût, leur pédagogie ne sont pas adaptés au contexte des PME. Souvent trop conceptuelles, elles n’ouvrent pas assez sur l’opérationnel.

A ceci s’ajoute un panorama assez complexe : une législation de la formation qui vient d’évoluer profondément, et une multiplicité d’acteurs qui peuvent contribuer au financement de la formation : les OPC (Organismes Paritaires Collecteurs agréés par l’Etat pour la formation), …

Globalement, pour les PME, la réponse aux besoins n’est pas à la hauteur des enjeux vitaux pour l’aéronautique. Française.

On se trouve donc face à un écosystème sans dynamique, non pas par manque de volonté des acteurs, mais par absence de convergence et de cohérence entre offres et besoins de formation.

 

LES ATELIERS DU BOURGET : 2 FEVRIER 2016 – UN OUTIL POUR LES PME 

Comment apporter une dynamique ? C’est dans cette optique qu’ont été conçus les Ateliers du Bourget : une pédagogie adaptée, une solution économique, un nouveau format. C’est une aventure dans laquelle les promoteurs se sont lancés, en espérant que nombreux seront ceux qui voudront bien répondre à cette initiative.

Comment rendre un outil de formation attractif et efficace pour des PME ? Pour ce faire, nous nous sommes attachés à trois critères essentiels : le format, le programmeet la démarche pédagogique. 

Sur le format, nous avons pris le parti d’une formule concentrée, dense, D’où le choix d’un format d’une journée, qui nous semble compatible avec les contraintes des équipes de PME. 

Sur la formule pédagogique, nous avons retenu celle des Entretiens de Toulouse : la pédagogie par le débat. Elle s’applique remarquablement bien à une transmission « non-directionnelle », où chacun fait le choix de ce qu’il souhaite apprendre, en fonction de ses intérêts et de sa propre expérience. En huit ans, près de 2000 personnes se sont formées dans ces entretiens, et personne n’en est ressorti déçu. Tous s’y sont enrichis. Les Ateliers du Bourget se présentent donc sous la forme d’ateliers d’une demi-journée, avec un exposé de 30minutes sur une expérience réussie par l’industriel concerné, puis un débat régulé par un modérateur, qui fait en sorte que le débat soit éclairant et efficace.

Sur le choix des sujets : les thématiques dominantes des Entretiens de Toulouse sont techniques. Le Comité de pilotage (2 grands groupes et 6 PME) a estimé que les sujets techniques n’étaient pas au cœur des préoccupations des PME. Le parti pris fût de choisir de thématiques stratégiques, et de proposer un éventail suffisamment large pour que chaque dirigeant puisse trouver deux thèmes au cœur de ses préoccupations. 12 ateliers, soit douze thématiques ont été retenus. Ils concernent le management, la stratégie et l’innovation. Il s’agit toujours de cas concrets, présentés par l’acteur principal de l’opération. Tous représentent des questionnements auquel tout dirigeant a été ou sera confronté : la montée en valeur de ma société, l’innovation avec un grand groupe, une collaboration fructueuse et confiante avec un donneur d’ordre, la mise en œuvre de nouvelles organisations.

Outre la montée en compétences de chacun, cet événement présente un triple intérêt :

  • favoriser le dialogue entre les acteurs du secteur aéronautique,
  • faciliter la compréhension réciproque, condition de l’efficacité de la supply chain,
  • contribuer au développement des échanges entre PME et grandes entreprises.

 

Comment se déroulent concrètement les Ateliers ?

Lors de son inscription, chaque participant choisira deux ateliers parmi les 12 proposés, en fonction de ses propres préoccupations. Lors de l’atelier il aura la possibilité de poser ses questions, correspondant à sa propre problématique. Deux principes dans ces ateliers : toute question appelle une réponse et pas de langue de bois. La confidentialité des débats, et la confiance qui s’instaure dans l’échange le permettent ;

 

A qui s’adresse cet événement ?

Les Ateliers du Bourget s’adressent d’abord aux équipes dirigeantes de PME du secteur aéronautique, mais également de la mécanique et de l’automobile, correspondant aux secteurs prioritaires définis par le Plan Industrie Région Ile de France.

Ils s’adressent également aux équipes des grands groupes et donneurs d’ordre en relation avec les PME. C’est l’occasion pour eux de mieux comprendre les attentes et les postures de leurs partenaires PME, Et ils représentent l’opportunité d’expliquer leur propre stratégie de collaboration dans un climat consensuel et non concurrentiel. Ce sera notamment l’objet d’un atelier sur Les bonnes pratiques pour travailler avec des donneurs d’ordres.

 

Et la « supply chain » !

L’un des aspects très positifs des Entretiens de Toulouse concernent le développement des relations fortes entre professionnels concernés par les mêmes thématiques. Ce sont des réseaux qui se mettent en place et qui débouchent sur des collaborations très fructueuses. Nous en avons de nombreux exemples. Trois heures de discussion dans un contexte collaboratif créent une confiance qui dépasse l’instant. Cette confiance dans un contexte de supply chain garantit une efficacité collective qui sera la clé de la réussite des collaborations futures. Espérons que les Ateliers du Bourget pourront contribuer à cette réussite. ■

 

Organisme de formation continue filiale à 100% de l’Ecole polytechnique, offrant des séminaires de formations courtes, diplômantes, certifiantes ainsi que des dispositifs sur mesure en Sciences, Innovation, Projets-Systèmes et en Management.

Initié par la Région Île-de-France et l’Etat, le Plan Industries Île-de-France accompagne les entreprises franciliennes de l’aéronautique, de l’automobile et de la mécanique dans l’optimisation de leurs performances organisationnelles, productives et commerciales.

L’Académie de l’Air et de l’Espace est une association d’utilité publique ayant pour but de favoriser le développement d’activités scientifiques, techniques, culturelles et humaines dans les domaines de l’Air et de l’Espace.

 

Les Ateliers du Bourget se dérouleront le 02 février 2016 dans les locaux de l’école d’ingénieurs SUPMECA. Saint-ouen. 
www.ateliersdubourget.com

 

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